Samedi 4.9.2004. Nous avons tout le temps. En premier un bon petit déjeuner. Ensuite nous faisons tranquillement nos bagages. Mes parents ne sont pas là et Michel (notre fils) dort.
Tout a trouvé une place dans notre Chevy VAN, nous pouvons donc nous mettre en route, vers midi. En premier la route nous mène sur l’autoroute direction Grand St-Bernard.
A Martigny nous quittons l’autoroute et peu après la route commence à grimper, nous montons au col.
Mais aux galeries, Mike prend une autre route. D’habitude nous passons sous les galeries et dans le tunnel, cette fois-ci Mike décide de monter au col. Ah pas mal cette idée, c’est ce que je voulais faire depuis longtemps.
C’est un voyage dans un autre monde, comme il me semble. Ici le temps s’est arrêté. La route se serpente entre les maigres pâturages de haute montagne, parsemés de grosses pierres. C’est génial de rouler ici, la route n’est pas trop raide, elle est étroite mais tout de même pourvue d’une ligne de séparation, c’est agréable. Nous admirons le paysage, et nous demandons où se cache le col, non visible depuis ici. Il n’y a pas grand-chose comme végétation à cette altitude, juste de l’herbe courte, quelques fleures de montagne et quelques rares arbustes qui n’ont pas de chance de grandir en hauteur, ils vont rester petits, blottis contre le sol pour résister au vent, au froid et aux intempéries.

D’un coup nous nous retrouvons devant une place de parc, nous avons atteint l’hospice du Grand St-Bernard ! Ah que c’est grand ! Comme de toute façon le moteur a besoin d’un peu de repos, il a chauffé un peu, nous parquons notre VAN et sortons pour visiter les lieux. Eh bien dis donc qu’il fait froid ici ! Un vent glacé nous souffle contre et je grelotte. Je regarde autours de moi, le panorama des montagnes et découvre sur un pic de la neige et elle me semble assez fraîche. Nous nous dépêchons de rentrer au café juste en face de nous.
Ah ben dis donc, qu’il fait froid ! En pleine il fait pourtant bien chaud encore. Mais ici nous sommes en montagne, à quelques 2400 mètres sauf erreur.
Le temps de prendre une bonne tasse de café, je raconte à Mike ce que je sais sur l’hospice du Grand St-Bernard. Il y a l’élevage de chiens Bernardiens, et bien entendu Mike aimerait aller voir cela.
Nous sortons donc à nouveau dans le froid et le vent et longeons la route. Au coin de l’hospice nous nous trouvons sur une place où se trouvent pas mal de randonneurs, ils assistent à une messe, un pèlerinage, sans doutes. Mais pas trace de l’élevage de chiens. Comme il fait trop froid, nous n’insistons pas et retournons à notre voiture. Nous continuons notre route.

La frontière est proche, seulement 200 mètres nous en séparent. Les douaniers nous regardent d’un air pas sympa, mais cela ne fait rien, ils nous laissent passer. Nous voilà en Italie et … déjà on peut le voir, à peine 200 mètres derrière la frontière la route devient étroite, plus de ligne de séparation (pour cela la route est trop étroite), des motos nous viennent en contre sens, à toute allure bien entendu et ils prennent toute la route. J’ai bien peur, mais ce n’est pas tout, les motards nous dépassent, des motards partout, devant, derrière, et pleins de voitures que nous devons croiser sur cette route très étroite, avec notre voiture assez large, pas facile.
J’ai peur, mais je ne dis rien. Je me cramponne à la poignée de la porte et je prie que nous arrivons en un bout en bas, à Aosta. Mais le col est long et virage après virage, cela ne prend pas de fin. Enfin la galerie en vue, mais, hélas, notre route nous mène ailleurs, loin de la galerie.
Encore sur la route descendant du col, Mike me demande si je peux lui donner un carré de ce succulent chocolat que j’ai acheté avant (c’est un bon chocolat suisse – bien évidemment – avec du jus de framboise dedans, mjam c’est bon). Je lui passe un carré. Il me demande si je n’en veux pas et il est étonné. Non non, je ne veux rien du tout. Faut que je me cramponne, j’ai peur.





























