Vendée Globe

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pm3
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Re: Vendée Globe

Message par pm3 »

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© Benoit Stichelbaut / Britair

Le ralentissement du groupe de tête à cause d’un alizé erratique profite à l’ensemble des poursuivants qui réduisent leur retard. La flotte se resserre à l’approche du pot-au-noir que les premiers aborderont dans la journée de mercredi. Derrière Loïck Peyron, impérial aux avant-postes depuis cinq jours, la lutte des places est soutenue entre les sept poursuivants. Et la traversée du pot-au-noir pourrait bien redistribuer les cartes…

La course au large n’est pas très morale ! Le malheur des uns fait le bonheur des autres… quand ça tamponne devant, les attardés se frottent les mains et retrouvent un grand sourire. De Brian Thompson (Bahrain Team Pindar), actuellement 12e à Michel Desjoyeaux (Foncia), 18e et qui continue de remonter ses adversaires les uns après les autres, les écarts au premier ont fondu de 100 à plus de 200 milles en moins de 24 heures. Quel bonheur de voir tant d’efforts récompensés ! En repartant des Sables deux jours après tout le monde, Mich’ Desj’ avait rapidement vu son retard doubler, passant de 340 à près de 700 milles à cause de conditions météo moins favorables derrière. Ce n’est finalement que justice que la tendance s’inverse enfin. Avec 444 milles de déficit mardi à 16h, son solde reste encore négatif. Mais à ce rythme, les compteurs pourraient être remis à zéro demain.


Usure physique et nerveuse
Pour les dix premiers, qui se tiennent en une centaine de milles, la dépense physique et nerveuse des dernières heures atteint son paroxysme. Pas le temps de se reposer. Toute la nuit et toute la journée, les manœuvres se sont multipliées à bord des monocoques 60 pieds. Empannages et changement de voiles, qui plus est par forte chaleur et humidité maximale, nécessitent une bonne condition physique. Mais les neurones aussi chauffent devant l’ordinateur pour trouver les bonnes trajectoires lorsque l’alizé brille par son inconstance. Considérant que la météo ne les épargne pas depuis le départ, Jérémie Beyou (Delta Dore, 9e) s’exclame « c’est le pompon ! » lorsqu’il constate comme ses adversaires que les fichiers de prévisions météorologiques sont tous faux. Le casse-tête de la stratégie en course au large n’en est que plus compliqué.


L’incertitude du pot-au-noir
Autre supplice météo, l’arrivée du pot-au-noir qui s’annonce pour l’instant plutôt épais. A grands coups d’empannages, le trio de tête constitué de Loïck Peyron (Gitana Eighty), Jean Le Cam (VM Matériaux) et Sébastien Josse (BT) s’est recalé devant ses sept poursuivants. En conséquence, les écarts se sont fortement resserrés. A l’exception de Loïck Peyron qui conserve pour le sixième jour consécutif la tête de la course et arrive à maintenir sa petite avance sur l’ensemble de ses adversaires directs. Les prémices du pot-au-noir devraient s’apercevoir dès la nuit prochaine avec les premiers orages à l’horizon. Les nerfs des solitaires vont une nouvelle fois être mis à rude épreuve. La grande loterie du pot fera-t-elle le bonheur des uns et le malheur des autres ?



Loïc Le Bras
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Re: Vendée Globe

Message par krylo »

Salut Philippe,

Merci de nous faire vivre la course en direct ou en léger différé :P

Je pense que tu dois faire aussi la course sur http://www.virtualregatta.com/index_vendee.php?vr si oui mon bateau s'appelle Krylo (je sais c'est pas très original :drunken: ) et je suis actuellement 5500/103000 et je vais attaquer le pot au noir : grande période d'incertitude en vue :lol: :lol:

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Re: Vendée Globe

Message par pm3 »

Salut Christophe !

Non, je ne fais pas la course ! Je me connais, j'y aurais passé mes nuits ! J'ai donné pour ne plus l'utiliser, un logiciel (virtual skipper") à cause de ça !
Bonne chance pour ta course !
(Bon je ne peux pas m'empêcher : tire à l'ouest, s'il est encore temps, comme Vincent RIOU sur PRB : je pense que ce sera l'option météo payante :wink: )
Cordialement, pm3
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Re: Vendée Globe

Message par krylo »

Salut Philippe,

c'est ce que j'ai fait car j'arrive dans une partie où il n'y plus de vent dans 12 /24 h halala le fameux pot-au-noir :cry: :cry:

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Re: Vendée Globe

Message par pm3 »

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L’alizé de Nord Est s’est nettement dégonflé pour la tête de flotte et le Pot au Noir est désormais une réalité. Tour à tour les vitesses des hommes de tête ralentissent : 2,6 nœuds dans la dernière heure pour Loïck Peyron, 4,2 pour Sébastien Josse, 3, 7 pour Jean-Pierre Dick… Les quatre premiers traînent à moins de 5 noeuds et il faut attendre le 5ème pour voir la vitesse dépasser les 7 nœuds.
Au classement de 16h00, cette 5ème place est justement occupée par Vincent Riou, à 54,3 milles du leader Gitana Eighty. Mais la file indienne dessinée par le groupe de tête au milieu de l’Atlantique ne laisse guère espérer un meilleur avenir pour PRB et les suivants. Dans les heures à venir, ils devraient tous affronter les affres du Pot au Noir.
Combien de temps, là est la question désormais. Hier, les photos satellites voyaient la zone très ouverte, peu active. Des informations que Vincent prend avec des pincettes. Et on le comprend. Il y a quatre ans, le même scénario se profilait … Finalement, le matin du 16 novembre 2004, alors que la tête de flotte dont Vincent Riou –alors 2ème derrière Jean Le Cam- était en plein Pot au Noir, on découvrait une réalité bien différente. La zone de convergence intertropicale n’avait pas failli à sa réputation et secouait fortement les hommes et les bateaux. Alex Thomson qui talonnait alors les deux leaders s’était même fait surprendre sous spi dans de violents grains occasionnant ainsi une déchirure de sa voile ballon. Le Britannique racontait qu’il avait cette nuit là vécu la chose la plus terrifiante de sa carrière de marin…
Quatre ans après, personne ne peut encore dire à quelle sauce seront mangés les solitaires… même pas eux ! A bord de PRB, on profite de cette incertitude pour gagner un maximum dans le Sud. Tous ont bien évidemment le même objectif, chacun espérant profiter du « petit filet d’air » qui fera la différence. Pour l’heure le scénario est donc classique, Loïck Peyron, toujours impérial meneur de troupe, essuie le revers de la médaille. Premier à ouvrir la voie, il est aussi le premier à toucher les effets de la zone de transition. BT, deuxième, n’est du coup plus à 16h00 qu’à 27,3 milles de son tableau arrière, les 5 premiers se tenant en 50 milles. L’avance de Gitana Eighty à l’entrée dans le Pot au Noir sera-t-elle suffisante pour que Loïck retrouve dans l’hémisphère Sud sa caquette de leader ? « Je ne pense pas aujourd'hui que le pot au noir soit extraordinairement complexe. On ne sera certain de rien quasiment jusqu’à l'équateur. Tant qu’on ne sera pas bien calé au près dans l'alizé de l'hémisphère sud, ce ne sera pas fait, pas gagné ». Une lecture rapide de l’analyse de Vincent accréditerait la thèse du leader, ce serait sans compter sur l’acharnement de régatiers comme le skipper de PRB pour trouver le placement juste et exploiter chaque variation de vent. Sans compter aussi sur la bonne étoile de chacun. Pour ne pas perdre son sang froid dans ce pot mal pavé, mieux vaut chercher une pointe de zen dans la maxime de La Fontaine « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage »…

Vincent à la vacation radio ce midi :
« Ca va pas mal. Enfin, le soleil est arrivé donc c'est plutôt sympa. J’ai fait un grand ménage à bord de PRB ce matin, on s'occupe en regardant la météo et en préparant le bateau. Ca va, ca vient, c'est assez irrégulier, on a une grande zone de petits vents medium à traverser toute la journée avant d'atteindre le Pot au noir. Le pot au noir était complètement ouvert toute la journée d'hier, il n’y avait pas beaucoup de vent et pas beaucoup de nébulosité donc on espère que ça ne se rebouchera pas devant nous dans les heures à venir. Mais, il n’y a rien d'alarmant pour l'instant. Là, il fait beau, il y a quelques petits nuages d'altitude le vent entre 6 - 7 nœuds et 8 - 9 nœuds selon les moments.
Tout le monde essaye de gagner dans le sud le mieux possible mais le vent est encore très Nord. Tant que le vent est comme ça, on ne peut pas dire que c'est les prémices du pot au noir. Il y aura peut être des coups à faire en passant du coté des nuages où le vent est le plus fort. Les premiers st un peu plus à l'est que les suivants, tout le monde tente sa chance et espère profiter d'un petit filet d'air. Parfois, ça fait des gros écarts, parfois ça ne fait rien, c'est à chaque fois un peu la surprise. Pour essayer de prévoir les choses, c’est un mélange d'observation des photos satellites mais il ne faut pas oublier de regarder les grains et les nuages pour ne pas passer du mauvais côté d'un grain. C'est un savant mélange entre les deux. Il faut être observateur et avoir toujours les bons réglages sur le bateau. C’est un moment important de transition. C'est une zone où on ne dort pas beaucoup. Coup de chance, la nuit dernière a été plutôt propice au sommeil.
Je suis sous spi au grand largue, j’essaye de glisser en essayant de me rapprocher d'une route sud. Je ne pense pas aujourd'hui que le pot au noir soit extraordinairement complexe. On ne sera certain de rien quasiment jusqu’à l'équateur. Tant qu’on ne sera pas bien calé au près dans l'alizé de l'hémisphère sud, ce ne sera pas fait, pas gagné. Il faut se battre pour essayer de grappiller les milles ou dixième de milles car ça peut être déterminant à la fin. »


Extrait du classement de 16h00 :
1 – Loick Peyron / Gitana Eighty
2 – Sébastien Josse / BT à 27,3 milles
3 – Jean-Pierre Dick / Paprec Virbac 2 à 44,1 milles
4 – Armel Le Cleac’h / Brit Air à 44,8 milles
5 – Vincent Riou / PRB à 54,3 milles
Cordialement, pm3
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Re: Vendée Globe

Message par pm3 »

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Vincent RIOU a choisi il y a quelques jours une option ouest, et il revient à l'est : il tire des bords, et sa tactique météo est payante puisqu'il rejoint le trio de tête ! Jean Le Cam le nomme : "Vincent le Terrible" ...

Fini le pot-au-noir, finalement peu actif, et place à l’hémisphère Sud qui se profile avec le passage cette nuit de l’équateur. Derrière Loïck Peyron toujours en tête, neuf solitaires se tiennent en moins de 60 milles. Ce top 10 attaque l’Atlantique Sud les écoutes entre les dents !

Les traditions se perdent ! Peu de marins joints aujourd’hui à la vacation n’ont prévu de fêter dignement le passage de l’équateur la nuit prochaine. Quasiment pas la moindre offrande à Neptune qui, pourtant, leur a concocté un pot-au-noir des plus complaisants. Un ersatz de pot même, sans orages ni grains à 40 nœuds. Une version allégée que les premiers ont traversé comme des fleurs. Et selon certains, le plus facile pot-au-noir qu’ils aient connu ! Finalement, le groupe de tête a plus été ralenti dans son approche de la zone de convergence, lorsque l’alizé était faible, que dans la traversée elle-même de cette zone redoutée. Pour les retardataires aussi le pot-au-noir semble des plus cléments. Mais méfiance. D’humeur ombrageuse, Neptune pourrait se vexer de l’ingratitude des premiers et se venger sur les suivants.



Statu quo en tête
Grâce à cette traversée express, le classement n’a pas été chamboulé. L’inamovible Loïck Peyron (Gitana Eighty) mène la flotte depuis maintenant neuf jours, avec Sébastien Josse (BT) toujours collé dans son sillage. Plutôt discret jusque-là, le vainqueur du dernier Vendée Globe se hisse sur le podium provisoire. Vincent Riou (PRB) profite d’une position décalée dans l’est par rapport à ses adversaires directs pour grappiller quelques places. Tout ce petit monde navigue désormais penché, au près bâbord amures dans une mer désordonnée. Le top 10 de ce Vendée Globe, toujours aussi groupé en 75 milles, a changé de garde-robe, rangé les spis et ressorti les génois ou trinquettes. Au menu des prochains jours, du près et encore du près. Et en l’absence d’un anticyclone de Sainte-Hélène bien établi, les options stratégiques vont de nouveau fleurir au large du Brésil.



Gasoil ou baignade
Au registre des petites avaries du quotidien, Jean Le Cam (VM Matériaux) a déploré une fuite de gasoil au fond de son bateau, l’obligeant à éponger les 30 litres nauséabonds qui se baladaient dans la cale moteur. De son côté, Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) a perdu quelques milles en accrochant un filet de pêche dans sa quille. Comme à son habitude, Jean-Pierre n’a pas traîné longtemps avant d’affaler les voiles et plonger sous la coque de son navire un couteau à la main. Enfin une tradition qui ne se perd pas…



Loïc Le Bras
Cordialement, pm3
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France Jean-Marc
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Re: Vendée Globe

Message par France Jean-Marc »

Hello,

Même si je ne dis rien, je suis attentivement ces résumés. :cheers:

Peux tu nous en dire plus sur le "pot-au-noir" ?

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Re: Vendée Globe

Message par pm3 »

Ben, je ne suis pas un spécialiste de cette région, mais en gros, c'est une zone perturbée entre 2 alizés : donc peu de vent, très grands calmes, suivis d'orages violents de grêle, de pluie, de terribles rafales de vent, qui épuisent les voileux, obligés de réduire très vite la toile, de la renvoyer aussi vite, tout en observant les stratégies météo, mais en observant très finement de quel côté des grains passer, afin de perdre le moins de temps et de vitesse...
(A mon avis, que j'essaie de garder objectif ( :roll: ), c'est Vincent RIOU sur PRB qui a le mieux réussi ce difficile exercice, et il recolle au paquet... Il reste mon grand favori ! :wink: )



Voilà ce que j'ai trouvé sur le site d'un régatier en 6,50 m (course en solitaire sur des voiliers de 6,50 m (!!...), tous les 2 ans, de La Rochelle à Bahia do Brasil) :
Image
Qu'est ce que le Pot au Noir ?
Le pot au noir est une zone de vents variables située à la rencontre des systèmes d'alizés des 2 hémisphères. Les météorologues l'appellent la zone de convergence intertropicale (ZCIT).
« Le pot au noir est très largement une loterie ! »
C'est une zone de navigation pénible où les vents sont très variables avec des grains orageux, et où les conditions météo passent sans transition du calme à 35-40 nœuds. L'été, la ZCIT remonte en latitude, avec une activité orageuse assez soutenue. Au contraire, en hiver, cette zone a tendance à se replier vers le sud et à être moins active. «C'est pour ça que la date de l'épreuve est pertinente. Le départ aurait été donné un mois plus tôt, ils se seraient certainement tous fait secoués dans des grains qui auraient été généralisés et étendus ». A cette période, les passages de grains sont plus localisés. Un Mini peut passer en bordure d'un grain orageux et toucher des rafales à 40 nœuds, tandis qu'à 100 milles de là un autre concurrent pourra être englué dans la pétole et ne pas avancer.
Cordialement, pm3
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Re: Vendée Globe

Message par France Jean-Marc »

Merci

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Re: Vendée Globe

Message par pm3 »

:pirate:
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Re: Vendée Globe

Message par pm3 »

Loïck Peyron a passé l’équateur hier soir à 21hTU soit 22 heures locales et ce matin, de Gitana Eighty à Ecover, ils étaient huit concurrents à naviguer « la tête en bas ». Au près océanique dans des vents de sud-est, la tête de flotte plonge au sud à 11-12 nœuds de moyenne.

Dans l’hémisphère sud
« Adieu le nord, bonjour le sud. Je viens de saluer Eole et Neptune pour leur demander l’autorisation de passer dans l’autre hémisphère (…) C’est toujours impressionnant ces moments-là, même s’il fait nuit, même si on est seul » déclarait Loïck Peyron, posté devant ses écrans, dans une petite vidéo envoyée hier soir. Depuis, ils sont sept bateaux à lui avoir emboîté le pas, Jérémie Beyou et Jean Le Cam (87 milles derrière) n’étant plus très loin de passer cette frontière symbolique.
Les 10 concurrents aux avant-postes font cap au sud, à la faveur d’alizés de sud-est établis qui leur permettent de progresser au « près océanique », bâbord amures, à des vitesses comprises entre 10,5 et 12 nœuds, Gitana Eighty étant le plus rapide au pointage du matin. Si la bagarre faire rage au sein de ce groupe de leaders, les écarts ont tendance à se stabiliser. A surveiller : le placement à l’ouest de Roland Jourdain (Veolia Environnement) et Mike Golding (Ecover), respectivement 7e et 8e au classement.

Moins de 100 milles dans leur tableau arrière, Dominique Wavre est toujours aux commandes d’un club des quatre très fermé, composé de Brian Thompson (Bahrain Team Pindar), Samantha Davies (Roxy) et Marc Guillemot (Safran). Sortis du pot au noir sans dommages, ils bénéficient des mêmes conditions de navigation que les leaders et seront les prochains sur la liste de l’équateur. Ce matin, ces allures de prés « débridé » semblaient faire la joie du puissant bateau de Thompson qui caracolait 1 nœud plus vite que ses adversaires directs.


1 Loïck Peyron
Gitana Eighty 22/11/08
03:30 1 19.94’ S 27 23.47’ W 20671.4 0.0 12.4 191 89.3 12.1 9.9 186 279.7 9.4 189
2 Sébastien Josse
BT 22/11/08
03:30 0 56.93’ S 27 25.79’ W 20692.6 21.2 12.4 189 88.3 11.7 9.8 184 277.5 9.2 190
3 Jean-Pierre Dick
Paprec-Virbac 2 22/11/08
03:30 0 49.31’ S 27 42.67’ W 20707.5 36.1 11.9 183 88.2 11.6 9.8 183 264.1 9.0 187
4 Vincent Riou
PRB 22/11/08
03:30 0 34.57’ S 27 31.30’ W 20714.9 43.5 11.8 177 83.3 11.2 9.3 185 264.5 8.7 190
5 Armel Le Cléac´h
Brit Air 22/11/08
03:29 0 30.94’ S 27 36.50’ W 20720.4 49.0 12.2 183 85.5 11.5 9.5 185 265.8 9.0 187
6 Yann Eliès
Generali 22/11/08
03:30 0 17.56’ S 27 35.07’ W 20731.6 60.2 12.0 183 84.0 11.2 9.3 185 261.2 8.9 187
7 Roland Jourdain
Veolia Environnement 22/11/08
03:30 0 26.47’ S 28 26.42’ W 20748.9 77.5 11.4 177 84.8 11.4 9.4 185 257.3 8.8 186
8 Mike Golding
Ecover 22/11/08
03:30 0 20.35’ S 28 17.05’ W 20749.6 78.2 12.6 184 88.7 11.8 9.9 185 268.6 9.1 187
9 Jérémie Beyou
Delta Dore 22/11/08
03:30 0 11.42’ N 27 35.96’ W 20757.4 86.0 11.8 184 80.1 10.9 8.9 187 256.0 8.8 187
10 Jean Le Cam
VM Matériaux 22/11/08
03:30 0 24.98’ N 27 13.34’ W 20758.5 87.1 11.3 185 78.2 10.8 8.7 188 250.4 8.7 186
11 Dominique Wavre
Temenos II 22/11/08
03:30 1 35.77’ N 28 45.56’ W 20864.9 193.5 10.4 176 73.8 10.5 8.2 190 261.9 8.7 189
12 Brian Thompson
Bahrain Team Pindar 22/11/08
03:30 1 36.01’ N 29 02.84’ W 20873.5 202.1 12.6 189 74.7 12.0 8.3 197 272.7 8.7 192
13 Samantha Davies
Roxy 22/11/08
03:30 2 02.69’ N 28 47.30’ W 20889.3 217.9 11.5 195 65.8 10.6 7.3 197 246.9 8.3 188
14 Marc Guillemot
Safran 22/11/08
03:30 2 19.33’ N 28 42.94’ W 20901.8 230.4 11.0 191 71.9 10.6 8.0 193 258.6 9.1 184
15 Michel Desjoyeaux
Foncia 22/11/08
03:30 4 18.00’ N 28 38.59’ W 21004.2 332.8 11.0 208 45.3 8.4 5.0 205 219.3 7.3 191
16 Dee Caffari
Aviva 22/11/08
03:30 4 35.53’ N 28 23.72’ W 21012.8 341.4 9.6 205 32.1 6.6 3.6 209 189.5 6.3 192
17 Arnaud Boissières
Akena Vérandas 22/11/08
03:30 4 50.70’ N 28 26.15’ W 21027.4 356.0 9.4 209 30.2 5.4 3.4 204 194.0 6.6 190
18 Steve White
Toe in the Water 22/11/08
03:30 5 46.33’ N 28 02.44’ W 21066.0 394.6 7.0 186 26.3 5.0 2.9 208 166.6 6.1 187
19 Jonny Malbon
Artemis 22/11/08
03:30 6 57.97’ N 24 59.40’ W 21092.7 421.3 1.5 201 29.6 3.6 3.3 191 155.1 6.3 195
20 Unai Basurko
Pakea Bizkaia 22/11/08
03:30 6 45.71’ N 22 36.75’ W 21104.9 433.5 4.1 235 58.8 6.5 6.5 199 177.0 7.3 188
21 Rich Wilson
Great American III 22/11/08
03:30 8 20.16’ N 26 06.41’ W 21179.3 507.9 8.2 175 83.7 9.3 9.3 176 220.6 8.9 191
22 Raphaël Dinelli
Fondation Océan Vital 22/11/08
03:30 9 41.53’ N 26 07.28’ W 21260.1 588.8 7.4 177 73.7 8.3 8.2 184 213.4 8.3 199
23 Norbert Sedlacek
Nauticsport-Kapsch 22/11/08
03:00 13 29.68’ N 22 17.14’ W 21496.3 824.9 8.2 189 70.8 7.9 7.9 194 207.6 8.7 192
24 Bernard Stamm
Cheminées Poujoulat 22/11/08
03:30 14 57.42’ N 25 23.29’ W 21572.5 901.1 12.6 185 91.5 10.9 10.2 200 279.3 11.3 195
25 Derek Hatfield
Algimouss Spirit of Canada 22/11/08
03:30 23 59.15’ N 22 24.91’ W 22121.8 1450.4 11.4 218 80.2 9.7 8.9 210 214.8 8.7 203
26 Jean-Baptiste Dejeanty
Maisonneuve 22/11/08
03:30 28 02.88’ N 21 47.26’ W 22367.8 1696.4 14.3 195 125.0 14.5 13.9 204 350.0 14.3 201
ABD Alex Thomson
Hugo Boss 21/11/08
20:30 46 30.29’ N 1 47.17’ W 0 0.0 0 0
ABD Marc Thiercelin
DCNS 17/11/08
15:02 47 45.02’ N 3 21.09’ W 0 0.0 0 0
ABD Yannick Bestaven
Aquarelle.com 13/11/08
14:36 46 30.12’ N 1 47.44’ W 0 0.0 0 0
ABD Kito de Pavant
Groupe Bel 13/11/08
10:46 46 30.10’ N 1 47.47’ W 0 0.0 0 0
Cordialement, pm3
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Au matin de ce dimanche, Jérémie Beyou constatait que son mât n’était plus tenu sous le vent : deux barres de flèche étaient cassées. Le skipper de Delta Dore, terriblement déçu par cette avarie, avait tout de suite changé sa route, direction Brésil pour tenter de réparer à l’abri.

Coup dur pour Jérémie Beyou (Delta Dore) qui se voit contraint de se détourner vers le Brésil pour tenter d’intervenir sur son mât, fragilisé par deux barres de flèche cassées. Vers 8h30 dimanche, le solitaire constatait que le tube n’était plus tenu sous le vent : impossible de virer de bord, impossible d’empanner ! Seule solution : faire route vers le Brésil, d’abord Recife puis après réflexion, vers Salvador de Bahia, certes 300 milles plus éloigné mais nettement plus favorable pour mouiller dans la baie de Tous les Saints, à l’abri. Car Jérémie Beyou doit maintenant faire un diagnostic précis de cette avarie pour savoir comment il peut intervenir afin de reprendre la course le plus vite possible. Le détour n’est pas énorme au vu de la situation météorologique actuelle et si le skipper de Delta Dore trouve une solution pour réparer avec son matériel de rechange du bord, cela ne devrait durer que quelques poignées d’heures. Mais dans un premier temps, l’objectif est avant tout de ramener le bateau à bon port avec son mât !



Gitana toujours plus rapide

Du côté du groupe de tête, Loïck Peyron (Gitana Eighty) est encore et toujours le plus rapide, certes de quelques dixièmes de nœud seulement, mais la constance de ce différentiel indique clairement que le plan Farr du Baulois possède un petit plus que le solitaire sait parfaitement exploiter. Deux à onze milles de gratter en 24 heures sur ses poursuivants directs qui bénéficient normalement des mêmes conditions moyennes, c’est à dire des alizés de Sud-Est établis entre 15 et 20 nœuds. L’avantage journalier atteint même plus de vingt milles sur les deux groupes suivants qui semblent ne pas avoir encore tout à fait les mêmes conditions de navigation. Seul le Britannique Mike Golding (Ecover 3) se démarque du peloton : il a choisi de laisser glisser un peu plus son plan Owen Clarke qui aligne la meilleure moyenne au près (12,5 nœuds) mais s’écarte de la route prise par ses concurrents. Cette légère option lui a déjà permis de dépasser Yann Eliès (Generali) qui préfère suivre le rythme et la voie ouverte par les leaders.



À noter que Michel Desjoyeaux (Foncia) semble lui aussi choisir de laisser porter pour gagner en vitesse au détriment du cap. Certes il va se rapprocher des côtes brésiliennes d’ici deux jours, mais comme l’anticyclone n’est pas à sa place habituelle, il y a peut-être un coup à jouer à moyen terme en rallongeant sa route pour contourner les hautes pressions qui se situent au large de l’Uruguay… Clairement, aucun des leaders actuels ne sait réellement ce qui l’attend 600 à 800 milles plus au Sud ! Le front qui traverse l’Atlantique Sud de Salvador de Bahia à Cape Town peut aussi bien dégénérer sur place que former une dépression orageuse… Il faudra probablement attendre lundi soir ou mardi pour avoir des éclaircissements sur la suite du programme climatique !



Croisement imprévu

À l’exception de l’Autrichien Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch), personne n’est dans le Pot au Noir. Jonny Malbon (Artemis) et Unai Basurko (Pakea Bizkaia) en sont bien sortis ce dimanche matin et dans l’après-midi, ce sont Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) et Rich Wilson (Great American III) qui se sont croisés ! En plein milieu de l’Atlantique… Incroyable. Pour Derek Hatfield (Algimouss-Spirit of Canada), la transition entre alizés de Nord-Est et Pot au Noir est désormais au programme : à l’Ouest des îles du Cap Vert, le Canadien devrait aborder les vents erratiques de ZCIT dès mardi. Quant à Jean-Baptiste Dejeanty (Maisonneuve), il continue son superbe come-back avec une régularité de métronome : encore une journée à plus de 300 milles et un écart au premier réduit à un tout petit peu plus de 1 500 milles ! Sachant que les leaders ne semblent pas favorisés par la météo des jours à venir, le benjamin peut espérer revenir au contact du peloton avant les Quarantièmes…



DBo.
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Il fait nuit. La route est noire. Aucune lumière, même pas celle des étoiles. On parle de route mais on devrait plutôt parler de piste défoncée. La meilleure image serait celle d’une course folle à travers des champs labourés.


On va vite, très vite. Moteur à fond. La voiture percute chaque sillon qui explose. La terre s’abat en pluie sur le pare-brise. Lancée, l’auto retombe et rebondit dans un bruit infernal. Il faut se cramponner au volant pour ne pas se faire éjecter. La spéciale chronométrée de ce rallye est tout ce qu’il y a de plus spécial : son temps n’est pas limité. Alors cela dure, encore et encore, des jours et des nuits. La carte est claire, ce n’est pas la peine de chercher un raccourci ou un chemin détourné, il n’y en a pas. Seule satisfaction, les autres aussi doivent en passer par là. Derrière comme devant, ils sont soumis au même régime rodéo.

Bien sur dans le Vendée-Globe, il y a quelques différences : les sillons sont liquides, moins réguliers et beaucoup plus hauts. La grande charrue de Neptune a eu sans doute quelques ratés. Alors, pour avancer contre le vent dans ce chaos écumeux, le match est encore plus compliqué. Tout le bateau souffre. Les tensions brutales se concentrent à des points précis des haubans ou de la quille. On appelle cela des contraintes alternées comme ce fil de fer qu’à force de tordre et de détordre, on finit par casser.

Ne pas lâcher, tenir la cadence avec l’angoisse permanente de la rupture d’une pièce essentielle et tous ces efforts réduits à néant en une fraction de seconde. Pas de choix. Il faut avancer coûte que coûte vers le Sud. Alors on met la puissance maximale dans les voiles pour percuter et casser ces vagues désordonnées. Ne pas penser aux longs surfs sur les déferlantes toboggans des 40e, bateau bien à plat.

Sainte-Hélène, Sainte Patronne de l’anticyclone, exige cette année de faire pénitence : « 5 jours contre le vent, penché à tribord à 30°, ensuite tu pourras peut-être goûter aux joies des vents portants ».Alors les lois de la physique, implacables, relaient Sainte-Hélène. Pour remonter contre le vent, il faut border les voiles. Et donc vivre penché, façon Dahu des montagnes.

Dans la cabine, la pénitence touche à l’acte de contrition. Vous êtes seul. La nuit vient de tomber. Il fait sombre. La mer s’est encore creusée. A chaque fois que l’étrave décolle sur une vague, vous vous demandez avec angoisse si les 8 tonnes de la coque vont résister à l’impact de la chute. Instinctivement vous rentrez la tête dans les épaules, dans l’attente. Le choc est violent et le freinage brutal. Buste incliné pour compenser la gite, il faut vous cramponner pour ne pas être poussé en avant. Se maintenir vertical, ce réflexe acquis depuis votre plus tendre enfance, devient un labeur si présent qu’il mobilise en permanence votre cerveau et vos muscles. On estime l’énergie ainsi consommée à près de 1 000 calories par jour. Epuisant.

Maintenant, il faut vous déplacer. Les quelques mètres sont dignes d’un parcours du combattant. Imaginez-vous dans une pièce dont le plancher est incliné à 30°. Pour plus de réalisme, il oscille en tous sens, monte, descend, avance, s’arrête, s’incline, se redresse. Pourtant, pas d’autre choix, il va falloir le traverser. Avant toute chose, s’assurer de la bonne prise pour éviter d’être balancé avant d’avoir pu s’accrocher. Vigilance, concentration, anticipation. Chaque pas va nécessiter la même démarche. Repérer la prise, profiter du mouvement pour l’attraper du bout des doigts, s’assurer de la suivante, attendre le bon moment pour bien la prendre en main et avancer ainsi, pas après pas, en évitant de glisser sur le sol en pente.

La marche est un acte si simple et si banal qu’on s’étonne de tant d’attention et de lenteur dans les déplacements. Mais, dans ces conditions, à la position debout, par définition la plus instable, s’ajoute l’instabilité même du bateau. La conjugaison des deux, associée aux 30° de gite et le risque devient danger. La prudence conseille même parfois de se déplacer à genoux dans cette cabine large et vide où les prises sont rares. Une attitude qui ne devrait pas déplaire à Sainte-Hélène. Mais quand il y a urgence, pas le temps de prendre son temps. Alors le parcours se solde parfois par une belle glissade ou, déséquilibré, par une chute brutale en arrière. On peut se faire très mal.

Dans le cockpit, sous les gerbes d’eau qui s’écroulent du roof, la vigilance doit être encore plus extrême car les mains sont occupées par les manœuvres. Pas facile de se caler tout en gardant les bons appuis pour mettre en jeu toute la puissance des muscles. La position est souvent acrobatique et loin des critères de la physiologie sportive. Dans quelques jours ça ira mieux. D’ici là, il faut résister, sous la surveillance inflexible de Sainte-Hélène. Et garder en tête qu’il faut se tenir d’une main et agir de l’autre, « une main pour soi, une main pour le bateau », comme le disaient déjà les anciens de la marine à voile.



Dr Jean-Yves Chauve
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Chamboulement sur le Vendée Globe ! Sébastien Josse a repris les commandes de la course au détriment de Loïck Peyron, solide leader pendant plus de 14 jours d’affilée. Et Jean-Pierre Dick recule de deux places en 5e position. La météo joue les trouble-fêtes dans le groupe de tête.

La météorologie est une science passionnante pour les marins. Mais plus ils l’étudient, plus ils réalisent combien elle est complexe. Et combien leurs connaissances sont infimes. Il faut être philosophe pour savoir qu’on ne sait rien, et surtout pour encaisser les coups du sort comme vient de le vivre Loïck Peyron (Gitana Eighty), grand leader de ce début de Vendée Globe, et détrôné à la faveur d’un grain. Pendant plusieurs heures, Peyron s’est battu sous des nuages sans vent. Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) aussi a subi les foudres d’Eole et perdu deux places au passage d’un front. Plus fort que Madame Soleil, Sylvain Mondon de Météo France l’avait prédit depuis plusieurs jours. Le groupe de tête devait buter dans l’anticyclone et entraîner un tassement de la flotte. Jeudi matin, il annonçait de grosses différences de caps et vitesses dans le groupe de tête au passage d’un front. Bingo ! Les neuf premiers se tiennent désormais en 57 milles. Quant à Marc Guillemot (Safran), leader du 2e groupe, il n’est plus qu’à 157 milles du premier, contre 300 milles une semaine plus tôt. Et ce grand chambardement météorologique ne fait que commencer. Les prochains jours s’annoncent terribles pour les nerfs des concurrents… mais passionnants pour le suspense de la course !



Josse à nouveau en tête
Premier du premier classement de la course le dimanche 9 novembre à 16h (à égalité avec Marc Guillemot), Sébastien Josse (BT) avait repris les commandes trois jours plus tard, le temps d’une journée. C’était le mercredi 12 novembre au large de Madère. Le lendemain matin, Loïck Peyron s’emparait de la première place pour ne plus la lâcher pendant deux semaines (à l’exception de trois classements éparses les 17 et 18 novembre menés par Jean Le Cam). Aujourd’hui, Sébastien Josse est passé entre les gouttes. Mais le dernier relevé de positions montre que sa vitesse aussi a ralenti. Seulement 8,2 nœuds en 1 heure contre 10 nœuds pour Roland Jourdain (Veolia Environnement), 6e, et 13,8 nœuds pour Marc Guillemot (Safran), en 9e position. L’anticyclone joue les passages à niveau et pour l’instant la barrière est baissée. Ça ralentit devant et ça revient par derrière. Pour preuve, la Britannique Dee Caffari (Aviva), 15e à 463 milles du nouveau leader, affiche la meilleure progression sur les dernières 24 heures. Une belle récompense pour celle qui, la veille, a dû affaler sa grand-voile pour changer une poulie cassée…



Loïc Le Bras
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Re: Vendée Globe

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Ils sont neuf à revendiquer l’honneur d’attaquer la première porte du sud en tête. Piquant plein sud, Loïck Peyron et Sébastien Josse tentent d’accrocher les premiers, les vents d’ouest qui les propulseront vers le Cap de Bonne Espérance. Au nord-est, Jean Le Cam et Yann Elies ont choisi de privilégier une route plus proche de la route directe au risque de s’engluer dans les calmes de l’anticyclone de Sainte-Hélène. Au centre, le gros de la troupe attend une éventuelle faute des extrémistes pour choisir son camp. Et les classements ne cessent de jouer au yoyo au gré des décalages des uns et des autres en longitude comme en latitude.

Il est des cas où le navigateur solitaire sait se faire matois. Qu’il pointe en tête de flotte et vous l’entendrez déclarer que les classements ne veulent pas forcément dire grand-chose et qu’il surveille du coin de l’œil quelques uns de ses concurrents engagés dans une autre stratégie. Qu’il accuse quelques milles de retard, il saura vous expliquer que rien n’est joué et qu’il n’y a pas péril en la demeure. C’est comme une partie de poker menteur : il s’agit ni de se voir trop beau, ni de laisser prise à l’espérance de ses adversaires. Il y a dans l’attitude des leaders un mélange subtil de prudence, de langue de bois et peut-être de superstition… On ne vend pas le ramage de l’albatros avant de l’avoir plumé. Tout le monde attend le verdict et personne ne se risque au moindre pronostic même s’il existe quelques tendances.



Bataille tactique d’envergure


Au sud, Loïck Peyron (Gitana Eighty) comme Sébastien Josse (BT) ont pu profiter de leur position en tête de flotte pour choisir l’option d’allonger leur route pour aller chercher les vents portants. Le risque pour eux est moindre car ils ont toujours la possibilité de mettre le clignotant à gauche si jamais leurs poursuivants infléchissent leur route. Pour eux, c’est un œil sur l’étrave et l’autre dans le rétroviseur. A l’est, Jean Le Cam comme Yann Elies (Generali) tentent de rallier la première porte des glaces en coupant au plus court. Pour refaire son retard le skipper de VM Matériaux a choisi une stratégie à fort taux de risque : si leur route est la plus proche de l’orthodromie, Jean Le Cam et Yann Elies savent qu’ils vont flirter avec l’anticyclone : que Sainte-Hélène se décide à leur ouvrir la route et ils peuvent espérer toucher le gros lot. Que l’anticyclone continue de paresser dans l’ouest de sa position normale et le piège peut se refermer sur les deux navigateurs.
On comprend mieux pourquoi le gros de la flotte a choisi d’adopter une attitude plus conservatrice : l’adage populaire qui dit « dans le doute, abstiens-toi » fait florès… Mais il reste qu’à ne pas vouloir perdre, on risque parfois de ne pas pouvoir gagner beaucoup. Mais se dire que la route est encore longue n’est-il pas le signe d’une certaine sagesse, à l’heure de venir frotter les moustaches du grand méchant sud ?

A propos de moustaches, ceux qui se les frisent actuellement, ce sont bien les poursuivants du paquet de tête. A l'instar d'un Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) qui, en guise de cadeau d'anniversaire, est redescendu en dessous des 800 milles de retard sur la tête de flotte. Comme le faisait remarquer le navigateur helvétique, c'est le débours qu'avait Mike Golding à Bonne Espérance en 2004. Comme quoi, la pointe de l'Afrique porte parfois bien son nom.



La tête ailleurs


Le sud : tout le monde y pense déjà. Car chacun sait que si le passage de l’anticyclone a mobilisé les esprits et les corps, la transition risque d’être brutale. D’ici quarante-huit heures, la tête de flotte sera dans les fameux Quarantièmes Rugissants. Commencera alors la longue sarabande qui les mènera jusqu’au Cap Horn vers la fin du mois de décembre : températures en baisse, ciels bas, cavalcades infernales sur la houle, veille des icebergs… Ceux qui connaissent savent qu’ils vont changer de mode de fonctionnement : entrer dans sa bulle, veiller à ménager le matériel, encaisser des surfs inquiétants quand le bateau navigue sous pilote et qu’on cherche le repos. Les autres, les bizuths du grand sud tentent de faire contre mauvaise fortune bon cœur. Cette bagarre-là, ils en ont rêvé mais il reste, qu’à l’heure de sauter le pas, les inquiétudes se font plus pressantes. Rien de tel pour chasser ces appréhensions que de se raccrocher à du concret : on fait le tour du bateau pour vérifier les mille et un points de détails, on profite d’une accalmie pour monter dans le mât vérifier que tout fonctionne, on fait du rangement. On récure le bateau comme le bonhomme. C’est bien connu, les grands ménages de printemps, outre leur intérêt pratique, ont aussi des vertus psychologiques dont on ne vantera jamais assez les bienfaits.



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Re: Vendée Globe

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Record battu : Michel Desjoyeaux, à bord de Foncia, a annoncé à son service de presse avoir atteint la vitesse de 30,44 nœuds sous pilote. Le vent qui s’est considérablement renforcé sur la zone, souffle entre 30 et 40 nœuds et visiblement les moyennes des concurrents s’en ressentent. En tête de flotte, les écarts sont toujours aussi faibles, quand Unai Bazurko sur Pakea Bizkaia annonçait chercher une zone de vent plus faible pour tenter de réparer son safran endommagé.

Tout le monde n’est pas logé à la même enseigne dans ce Vendée Globe 2008… Quand la tête de flotte cravache allègrement dans le coup de vent qui les a cueillis et que Michel Desjoyeaux enquille les records, d’autres, tel Unai Bazurko, en sont à supputer leurs chances de pouvoir continuer ce Vendée Globe dans des conditions acceptables. Pour l’heure, le navigateur basque essaye d’échapper aux vents forts qui balayent la flotte pour évaluer les chances de réparation de son safran endommagé. On n’en sait pas beaucoup plus sur les circonstances de l’avarie de Unai, le skipper basque étant resté jusque là prudent sur les informations transmises à la direction de course.

Le premier qui choque est mort
Devant, le rythme ne faiblit pas, bien au contraire. Petit à petit, des écarts se creusent : si le cinq majeur continue de tenir la cadence, il semble que quelques uns des ténors aient décidé de jouer leur partition en mode mineur. Vincent Riou sur PRB semble avoir adopté ainsi un tempo un peu moins soutenu depuis son départ à l’abattée de l’autre nuit. De même, Armel Le Cléac’h (Brit Air) seul néophyte du grand sud dans le groupe des dix furieux de tête abandonne lui aussi quelques milles… Mais il est encore un peu tôt pour savoir si les deux navigateurs ont changé leur rythme ou s’ils prennent un peu de répit avant d’attaquer de plus belle. Peut-être aussi que l’ancien vainqueur du Vendée Globe 2004 a décidé de briser cette spirale infernale dans laquelle tout le paquet de tête semble entraîné. « Si tu choques, t’es qu’un lâche», avaient coutume de dire certains navigateurs à l’heure des premières grandes courses transocéaniques. Et d’autres de rétorquer : « Si tu casses, t’es qu’un c… »

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Re: Vendée Globe

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La course au 07/12/08

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Si Sébastien Josse conserve ce matin son leadership, les grands gagnants de la nuit sont les concurrents qui ont tiré au sud à partir de Bonne Espérance. Ils s’appellent Jean-Pierre Dick, Roland Jourdain et Mike Golding. Ces trois navigateurs ont gagné des places ou des milles grâce à une fort belle trajectoire dans le vent d’ouest, quand leurs poursuivants ont dû se résoudre à quelques empannages nocturnes.

Deuxième porte
Trois concurrents ont passé cette nuit la deuxième porte de sécurité glaces ( BT, Paprec-Virbac et Generali). Comme le pressentaient hier Loïck Peyron ou encore Dominique Wavre, l’option sud entre le cap de Bonne Espérance et cette deuxième porte dite des Kerguelen, a été la meilleure, ses partisans profitant d’un angle de vent plus favorable à la vitesse.

Jean-Pierre Dick, premier de la meute à plonger hier dans les basses latitudes (par 47 sud), a donc été récompensé : il a grignoté 21 milles cette nuit et revient dans le tableau arrière du leader BT. Ce matin, Dick persiste et signe : à peine respecté le deuxième segment de sécurité, son plan Farr fait à nouveau cap au sud. Autres lauréats de la nuit : Mike Golding (Ecover) qui a gagné trois places et se voit propulsé au 4e rang, sa meilleure position depuis le départ du Vendée Globe ; mais aussi Roland Jourdain (Veolia Environnement) qui fait une incursion sur le podium après avoir « mangé » les nordistes Eliès et Peyron. Le skipper de Generali est ce matin le plus haut sur la cartographie, il naviguait en effet à 150 milles au nord de Dick.

Foncia plus rapide sur une heure
Quant aux vitesses de progression, elles restent relativement stables : entre 15 et 18 nœuds pour les leaders. Ce matin, Jean Le Cam (VM Matériaux) et Michel Desjoyeaux (Foncia) étaient les plus rapides, crédités respectivement de 17,8 et 18,5 nœuds de moyenne sur une heure. Mich’ Desj’ a remis du charbon aux premières lueurs du jour – par 45 sud, la nuit commence à s’estomper vers 2 heures du matin- et vise désormais Vincent Riou (PRB).

Cette 28e journée devrait perdurer sur ce rythme avec encore beaucoup de jeu dans les options et quelques empannages à la clé pour ceux qui souhaiteraient gagner dans le sud.

C.El


ABD : Abandon. NL : Non localisé
1 --- Sébastien Josse
BT 07/12/08
03:30 45 23.95’ S 25 45.54’ E 17139.6 0.0 14.9 81 127.1 14.9 14.1 81 355.5 14.8 094
2 --- Jean-Pierre Dick
Paprec-Virbac 2 07/12/08
03:30 46 12.35’ S 25 19.55’ E 17152.4 12.8 15.1 144 148.1 16.6 16.5 79 398.0 16.6 087
3 +2 Roland Jourdain
Veolia Environnement 07/12/08
03:30 45 10.12’ S 24 31.97’ E 17193.2 53.6 17.0 135 126.1 14.4 14.0 90 368.7 15.4 090
4 +3 Mike Golding
Ecover 07/12/08
03:30 45 25.97’ S 24 19.84’ E 17197.6 58.0 16.8 72 143.6 16.8 16.0 79 397.9 16.6 085
5 -1 Loïck Peyron
Gitana Eighty 07/12/08
03:30 45 35.78’ S 24 15.54’ E 17198.9 59.3 16.3 81 111.7 13.8 12.4 132 342.3 14.3 105
6 -3 Yann Eliès
Generali 07/12/08
03:30 43 51.60’ S 25 15.57’ E 17201.7 62.1 14.8 70 99.6 16.1 11.1 71 322.4 13.4 081
7 -1 Jean Le Cam
VM Matériaux 07/12/08
03:30 45 08.24’ S 24 16.82’ E 17204.0 64.3 17.8 132 126.0 14.1 14.0 98 373.0 15.5 096
8 --- Vincent Riou
PRB 07/12/08
03:30 45 03.62’ S 23 37.18’ E 17232.1 92.5 16.2 133 111.5 12.4 12.4 101 342.3 14.3 092
9 --- Michel Desjoyeaux
Foncia 07/12/08
03:30 45 26.36’ S 23 21.97’ E 17237.4 97.8 18.5 136 116.8 13.4 13.0 120 373.9 15.6 098
10 --- Armel Le Cléac´h
Brit Air 07/12/08
03:30 45 06.10’ S 22 46.03’ E 17266.4 126.8 14.8 139 114.6 14.1 12.7 135 296.1 12.3 117
11 --- Marc Guillemot
Safran 07/12/08
03:30 43 49.09’ S 21 48.44’ E 17331.4 191.8 14.5 71 115.7 16.0 12.9 74 345.9 14.4 086
12 --- Dominique Wavre
Temenos II 07/12/08
03:30 43 13.24’ S 21 07.22’ E 17374.5 234.9 14.4 71 108.4 15.4 12.0 76 333.7 13.9 087
13 --- Brian Thompson
Bahrain Team Pindar 07/12/08
03:30 43 16.62’ S 15 54.65’ E 17580.5 440.9 14.6 73 106.7 14.4 11.9 74 325.8 13.6 086
14 --- Samantha Davies
Roxy 07/12/08
03:30 43 18.70’ S 14 31.67’ E 17636.5 496.9 13.6 76 118.0 14.3 13.1 86 337.0 14.0 096
15 --- Bernard Stamm
Cheminées Poujoulat 07/12/08
03:30 42 20.40’ S 13 28.21’ E 17701.2 561.6 17.4 89 126.7 14.3 14.1 103 350.2 14.6 098
Nº Skipper
Bateau Heure
Pointage (TU) Latitude Longitude Dist. à l'Arrivée
(Milles) Ecart / 1er
(Milles) Depuis 1h Entre 2 classements Sur 24 heures
Vitesse Cap Dist. parcourue
(Milles) Vitesse (Noeuds) VMG (Noeuds) Cap Dist. parcourue
(Milles) VMG (Noeuds) Cap
16 --- Dee Caffari
Aviva 07/12/08
03:30 41 54.75’ S 11 21.70’ E 17797.5 657.9 13.0 97 114.7 13.6 12.7 92 313.2 13.1 101
17 --- Arnaud Boissières
Akena Vérandas 07/12/08
03:00 42 19.19’ S 10 34.37’ E 17812.9 673.3 15.3 98 123.2 14.0 13.7 100 329.4 13.7 104
18 --- Steve White
Toe in the Water 07/12/08
03:30 41 37.28’ S 9 25.40’ E 17883.9 744.3 13.9 94 96.5 11.7 10.7 90 288.8 12.0 095
19 --- Jonny Malbon
Artemis 07/12/08
03:30 41 45.05’ S 7 04.98’ E 17977.2 837.6 12.9 96 100.6 11.7 11.2 98 283.0 11.8 101
20 --- Rich Wilson
Great American III 07/12/08
03:30 41 00.70’ S 4 23.17’ E 18106.3 966.7 11.9 95 109.5 12.4 12.2 104 300.0 12.5 108
21 --- Jean-Baptiste Dejeanty
Maisonneuve 07/12/08
03:30 37 40.00’ S 0 58.99’ W 18419.5 1279.9 14.9 92 133.6 15.6 14.8 103 353.9 14.7 110
22 --- Derek Hatfield
Algimouss Spirit of Canada 07/12/08
03:00 36 24.71’ S 1 32.45’ W 18476.1 1336.5 12.8 88 114.4 13.6 12.7 103 327.4 13.6 112
23 +1 Raphaël Dinelli
Fondation Océan Vital 07/12/08
03:30 36 01.05’ S 10 01.09’ W 18843.2 1703.6 6.1 83 46.4 6.2 5.2 88 182.2 7.6 103
24 -1 Unai Basurko
Pakea Bizkaia 07/12/08
03:30 33 49.40’ S 8 19.07’ W 18844.4 1704.8 8.3 52 24.2 7.9 2.7 54 77.7 3.2 059
25 --- Norbert Sedlacek
Nauticsport-Kapsch 07/12/08
03:30 35 08.26’ S 10 44.49’ W 18901.0 1761.4 4.3 113 40.9 4.6 4.5 124 181.7 7.6 131
ABD Alex Thomson
Hugo Boss 07/12/08
01:30 46 30.28’ N 1 47.14’ W 0 0.0 0 0
ABD Kito de Pavant
Groupe Bel 13/11/08
10:46 46 30.10’ N 1 47.47’ W 0 0.0 0 0
ABD Marc Thiercelin
DCNS 17/11/08
15:02 47 45.02’ N 3 21.09’ W 0 0.0 0 0
ABD Jérémie Beyou
Delta Dore 26/11/08
20:00 8 03.74’ S 34 52.23’ W 0 0.0 0 0
ABD Yannick Bestaven
Aquarelle.com 13/11/08
14:36 46 30.12’ N 1 47.44’ W 0 0.0 0 0
Cordialement, pm3
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Re: Vendée Globe

Message par pm3 »

Alors que les premiers bénéficient encore d’un flux de secteur Ouest d’une vingtaine de nœuds mollissants, les poursuivants sont déjà sérieusement ralentis par une dorsale anticyclonique tandis que les « retardataires » attendent l’arrivée d’une nouvelle dépression pour mardi soir… Les écarts vont encore s’accroître !

Pas le temps de se reposer sur ses lauriers, au contraire ! C’est lors de ces phases de transition entre le passage des perturbations de l’Océan Indien que les leaders peuvent faire le break en profitant encore d’un flux soutenu d’Ouest pendant que les chasseurs doivent prendre leur mal en patience dans un régime anticyclonique nettement plus mou. Et en ce lundi après-midi, les vitesses sur l’eau indiquent bien que le différentiel est conséquent (près de 30% !) entre la tête de flotte à plus de quinze nœuds et le « ventre mou » du peloton à une dizaine de nœuds… Et la situation est pire pour les trois derniers, Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch), Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) et Derek Hatfield (Algimouss-Spirit of Canada), à sept ou huit nœuds !

Cent fois sur le métier…

Cette « pause météorologique » est paradoxalement un moment capital pour les solitaires selon leur position sur l’eau : il est toujours plus aisé de prendre un ris que de le renvoyer, de rouler le gennaker que de hisser le spinnaker ! Or c’est bien cette réactivité qui fait toute la différence : garder du jus quand on a passé un week-end à se faire rincer en permanence à plus de dix-huit nœuds de moyenne, mais sous voilure réduite, pour passer à une configuration plus pointue sous grand voile haute et plus de 450 m2 de spinnaker, n’est pas facile… Surtout quand il reste encore des grains et de mauvais cumulonimbus qui traînent encore à l’horizon. C’est le moment pour les leaders de s’échapper pour ne plus être dans le même système météo que leurs poursuivants.

Savoir aussi trouver sa voie en approche de l’archipel des Kerguelen, réputé pour provoquer bien des chaos sur une mer déjà bien ondulée : l’air de rien, ces îles australes prennent de la place sur l’échiquier et vont au fil des deux jours à venir, limiter les possibilités tactiques. Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) et Roland Jourdain (Veolia Environnement) emmènent un pack au Sud du 48° Sud mais doivent faire plus attention à la présence de glaces dérivantes sur le 53° Sud, avant l’île Heard. Sébastien Josse (BT), pourchassé par Yann Eliès (Generali), préfère ne pas se poser cette question et reste calé sur le 46° Sud, soit à plus de cent milles sur la même longitude. Dans l’immédiat, cela ne porte pas à conséquence puisque tout le groupe de tête naviguent dans des brises similaires, mais cela pourrait bien changer la donne quand les hautes pressions vont progressivement s’installer dès la nuit prochaine... DBo.
Cordialement, pm3
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Re: Vendée Globe

Message par pm3 »

LOICK PERON A DEMATE !

Loïck Peyron a expliqué lors d'une vacation spéciale à 17h00, le démâtage de son monocoque Gitana Eighty trois heures plus tôt ce mercredi, soit 31 jours après le départ du Vendée Globe. En tête, Jean-Pierre Dick a repris les commandes de la course, brièvement menée par Sébastien Josse…


Troisième ce mercredi midi à une quinzaine de milles du leader, Loïck Peyron (Gitana Eighty) a signalé à la Direction de Course qu’il avait démâté vers 14h00 (heure française). Le solitaire naviguait alors sous un ris dans la grand voile et foc solent, poussé par une trentaine de nœuds de vent, et se trouvait à l’intérieur de son habitacle quand il a constaté que le mât s’était cassé. Le skipper n’a donc pas été touché et est donc en parfaite santé. La cause de cette avarie n’est pas encore connue, mais le Baulois indiquait qu’il avait conservé sa bôme et réfléchissait à une destination sous gréement de fortune.



Loïck Peyron (Gitana Eighty) en vacation spéciale à 17h00 :
« Il y avait 30 nœuds de vent et Gitana Eighty était sous un ris dans la grand voile et le Solent à l’avant. Je ne sais pas ce qui s’est passé : j’étais à l’intérieur et, clac, un grand bruit ! J’ai compris que c’était le mât. Je suis sorti et j’ai vu qu’il était cassé en plusieurs morceaux : il restait la bôme et les voiles étaient à l’eau. Il m’a fallu une bonne heure pour faire le ménage et surtout larguer le mât qui tossait sur la coque. Il y avait des morceaux de carbone partout. Mais il n’y a pas de problème sur la coque pour continuer à naviguer.
Il était impossible de récupérer plus de matériel : j’ai dû couper le gréement. Il me reste donc juste la bôme, un foc de brise et un morceau de la grand voile. Je préfère me diriger vers le Nord pour rallier l’Australie ou faire le contact avec un bateau affrété spécialement. Je suis extrêmement désolé pour toute l’équipe, mes partenaires : je ne pense qu’à eux en ce moment. Tous ont fait un travail exceptionnel… Je me dépêche de monter un gréement de fortune avant la nuit. »



Direction Sud Kerguelen

Côté course, Sébastien Josse (BT) n’a pas repris très longtemps le commandement : après avoir mené quelques minutes vers la mi-journée, le Niçois a de nouveau laissé la tête de la flotte à Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2). Le rythme s’est en effet accéléré une nouvelle fois avec une belle brise d’une trentaine de nœuds de secteur Ouest à Sud-Ouest et certains solitaires atteignaient des vitesses moyennes sur une heure de plus de vingt nœuds ! L’annonce du démâtage de Loïck Peyron (Gitana Eighty) devrait toutefois calmer un peu les ardeurs des skippers… Mais en tout état de cause, la route par le Sud de Kerguelen est confirmée au vu des trajectoires des dix premiers, qui se tiennent dorénavant en moins de 200 milles.



DBo.
Cordialement, pm3
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Re: Vendée Globe

Message par pm3 »

En pleine nuit ce jeudi, les premiers solitaires vont embouquer le passage au Sud de l’archipel des Kerguelen, un goulet qui devrait être particulièrement agité par une mer croisée et forte avec six mètres de creux et plus ! Avec en sus, le plateau continental et la bascule du vent au Nord-Ouest en cette fin d’après-midi, cette nuit de pleine lune s’annonce musclée…

Si les nuits par 52° Sud en plein été austral ne durent que quelques heures, elles ne sont pas des plus agréables à vivre quand la température de l’eau ne dépasse pas les 5°C et quand celle de l’atmosphère oscille entre 3° et 8°C. Des nuits qui ne sont pas tout à fait noires avec ces lumières qui se reflètent sur le continent antarctique, en un halo blafard, une luminescence d’un autre temps, des rayons horizontaux qui donnent un relief surréaliste à la moindre ondulation de l’océan…



Alors quand en plus, la Lune vient porter ses reflets zénithaux entre deux cumulonimbus chargés de grêle, de pluie, de rafales, de bascules de vent, quand la mer prend des tours, se mélange de houles australes et de vagues septentrionales, entonne ces rugissements de tambours du Bronx, ces grondements de fin du monde, le paysage marin a des allures de film d’épouvante ! Une onde plus vicieuse, un bruit imprévu, un éclair incongru, une voile qui claque, une poulie qui grince, un craquement qui résonne suffisent à lancer une poussée d’adrénaline, à monter les palpitations cardiaques, à stresser un esprit déjà angoissé par cet entonnoir des Kerguelen…



Marier Eole et Neptune

Avec une Lune quasiment pleine (en fait dans la nuit de vendredi à samedi), l’atmosphère est encore plus prégnante car l’astre diffuse une lumière cataclysmique sur ces crêtes émoussées d’écume, ces avalanches qui dévalent les déferlantes, ces embruns qui fouettent un air déjà chargé de sel, de neige et de grésil. Tels les chants envoûtants des sirènes d’Ulysse, les gargouillis se mêlent aux vrombissements de tsunamis pour attirer le marin dans la nasse des hauts fonds. Même pelotonné dans son cocon carbonique, le solitaire sent bien que les mouvements prennent des amplitudes anarchiques, que les vagues se transmutent en pyramides, que la dysharmonie ondulatoire tourne à la partition conceptuelle… Le plateau continental se rapproche, ce passage (presque) obligé entre Kerguelen et Heard, générant des résonances anachroniques. Cela ne va durer que quelques heures, le temps de s’engager sur ces hauts fonds, puis de se retrouver (un peu) protégé par cet archipel qui culmine au loin sur bâbord, surmonté par la calotte glaciaire du volcan de Cook, mais qui ne laisse apparaître aucun signe de vie…



Eole a retenu son souffle (moins de quarante nœuds), Neptune sa respiration (moins de six mètres de creux) : l’entonnoir canalise les Dieux qui combinent leurs humeurs pour retrouver petit à petit, un tempo moins musclé. Le satellite terrestre, telle une lanterne de naufrageur ballotté entre les cornes des étoiles australes, darde encore quelques rayons hagards entre deux grains de grêle, révélant un spectacle d’apocalypse quand le Soleil pointe à l’horizon ! Encore quelques heures de mer désordonnée, de grains nauséabonds, de pluie diluvienne, d’étrave qui broute… avant non pas une accalmie, mais au moins une réorganisation ondulatoire. Pas vraiment un répit, puisque cette forte brise de Nord-Ouest devrait durer jusqu’à la prochaine porte de sécurité, dans le Sud-Ouest du cap Leeuwin, à 1300 milles des étraves des premiers…



DBo.
Cordialement, pm3
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