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Article du mercredi 5 novembre 2008
11 Novembre : le Beaucourtois Sellier a sonné l’Armistice
Pierre Sellier un Beaucourtois au destin historique. Photo DR
Héros malgré lui, le caporal Sellier, de Beaucourt, sera à l’honneur le 7 novembre prochain à La Capelle dans l’Aisne ou un collège sera baptisé du nom du clairon de l’Armistice. À Beaucourt, une stèle et une rue porte son nom.
BEAUCOURT
En déposant, mardi, lors des manifestations liées au 90e anniversaire de l’Armistice de 1918, la Ville de Beaucourt va rendre hommage à l’un de ses plus valeureux soldats. Sa sonnerie du cessez-le-feu lui a donné un destin historique.
Pierre Sellier était né le 8 novembre 1892, rue de Saint-Dizier à Beaucourt. Son père, François travaillait chez Japy et sa mère, née Marie-Ursule Bairet était ménagère. Pierre n’avait que sept ans lorsqu’elle est décédée. Livré à lui-même, il fréquenta l’école assez irrégulièrement. Il était d’ailleurs quasi analphabète. À 12 ans, il est embauché chez Japy avant de poursuivre sa carrière chez Peugeot à Sochaux.
Il est incorporé en octobre 1913 au 171e RI. Comme il savait jouer du clairon, il est affecté dans la clique de son régiment. Le 7 novembre 1918, il est en première ligne au moment de l’arrivée des plénipotentiaires allemands. Son chef de bataille le désigne pour accompagner le cortège jusqu’à La Capelle, dans l’Aisne. À 20 h 30, le capitaine Lhuiller appelle le caporal-clairon Sellier et lui donne l’ordre de sonner pour la première fois le « cessez-le-feu ».
Une tournée aux États-Unis
Ensuite, montant sur le marchepied d’une voiture, Pierre Sellier sonne le « garde à vous ». Quelques instants plus tard, il monte dans cette voiture, tenant d’une main son clairon et étreignant de l’autre, la hampe du drapeau blanc allemand.
Le 28 août 1919, il est démobilisé, mais sa modestie l’empêcha de profiter de sa chance. En 1925, l’Américain Légion lui offrit de faire une tournée au États-Unis. Là, il devait répéter avec son clairon la sonnerie historique. Mais il préféra sa petite vie tranquille. Il reçut aussi une offre du clairon allemand Zobrowski lui proposant d’effectuer avec lui une tournée, toujours aux USA. Il considéra qu’il n’était pas possible de paraître sur une scène au côté d’un ex-ennemi, les blessures de guerre n’étant pas encore cicatrisées.
Les Américains souhaitèrent lui acheter son clairon à bon prix, mais il refusa, décidant qu’il devait appartenir à la France. Fin 1925, il en fit don au musée des Invalides. Plus tard, la maison Couesnon, de Paris, lui remit une copie de son clairon, ce qui lui a permis d’effectuer les sonneries du 11 Novembre, partout ou il était appelé : Rouen, Lyon, Honfleur, Montpellier et La Capelle.
Nommé adjudant lors de la Seconde Guerre mondiale, il a eu de nombreuses décorations et a été cité plusieurs fois à l’ordre du Régiment et de la Division.
Pierre Sellier est mort en mai 1949 à l’âge de 57 ans et repose au côté de son épouse au cimetière de Reppe dans le Territoire de Belfort. Depuis 1956, une rue porte son nom à Beaucourt et en novembre 1988, une stèle en granit a été érigée au carrefour avec la rue de Vandoncourt.
Un collège dans l’Aisne
En 1998, à l’occasion du 80è anniversaire de la fin de la guerre de 1914/18, le club philatélique beaucourtois avait édité une enveloppe à l’effigie de Pierre Sellier, clairon en bouche. Dans ce bureau de poste temporaire, les visiteurs avaient pu découvrir, pour la première et unique fois le clairon de Pierre Sellier prêté par le musée de l’armée aux Invalides à Paris. Il n’est resté qu’un seul jour dans la localité, car dès le lendemain, il devait rejoindre son lieu officiel d’exposition. La Capelle, ville de l’Aisne de 2000 habitants baptisera le 7 novembre, son collège du nom du caporal-clairon et la municipalité beaucourtoise envisage de donner à un lieu symbolique du centre-ville, le nom de Pierre Sellier.
Charly Fischer